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Économie et Finance
Nous vous proposons de survoler les principaux secteurs de l’économie Mauricienne, soit L’Agriculture, L’Industrie, Le Tourisme, Les Services Offshore, Le Système Bancaire et Le Commerce Extérieur. Cité en exemple dans le monde entier, le miracle économique mauricien n’est pas le fruit du hasard. Et ce n’est pas par hasard que Floréal Knitwear, le groupe textile le plus important du pays, est aujourd’hui le deuxième producteur de pull-overs au monde, après Benetton. Peu de matières premières, pas de ressources miniers, pas de produits locaux très recherchés sur le marché international, mais des responsables politiques et économiques très réalistes, un sens inné des contacts internationaux renforcés par d’incontestables aptitudes linguistiques, l’esprit d’initiative et le goût du travail individuel et collectif. Grâce à la création d’une zone franche, plus récemment d’un port franc et d’une zone d’activités "off-shore", cet Etat de l’Océan Indien, indépendantes depuis 1968 et totalement souverain depuis l’adoption du statut de République en 1992, a su renverser le cours du destin. Le déclin d’une économie sucrière techniquement performante mais maintenue artificiellement grâce aux échanges préférentiels avec l’Europe communautaire, a été compensé par le développement de l’industrie manufacturière orientée vers l’exportation. De plus, le tourisme, progressant avec le développement des liaisons aériennes, a permis à l’Ile Maurice, pays membre du groupe ACP, associé à l’UE, d’atteindre le plein emploi; le spectre d’un chômage contrôlable n’apparaissant que dans certains secteurs spécifiques. Il s’agit maintenant de gérer ce succès. Et tous les indicateurs actuels économiques permettent d’estimer que cela est possible. La croissance économique se maintient à environ 5% par an. Le secteur sucrier connaît une croissance de l’ordre de 9%, celui du tourisme 15%, celui des secteurs financiers 11% et, en dépit de la forte concurrence des pays asiatiques et de la compétition intense sur les marchés mondiaux, la zone franche affiche une croissance annuelle de l’ordre de 7%. L’investissement, en légère baisse, a connu ces dernières années une croissance d’environ 13% et le ratio investissement / PIB est de 28%. Le taux d’inflation (6 à 7%), celui du chômage (2 à 5%), celui de l’épargne (23% pour l’épargne nationale, 23.5% pour l’épargne domestique et une croissance de 9%), ainsi que l’augmentation annuelle de 13% de la consommation des ménages, indiquent une économie dynamique suffisamment forte pour affronter les défis de l’après le GATT
Les Hollandais ont introduit la canne à sucre à l’Ile Maurice en 1639. Le sucre pilier essentiel de l’économie mauricienne pendant trois siècles, en demeure, l’élément préférentiel. L’agriculture représente environ 9% du PIB et le sucre à lui seul moins de 5%. Les avantages accordés par la Convention de Lomé et surtout le Protocole Sucre permettent de maintenir la prédominance de l’industrie sucrière, par ailleurs soutenue par un très bon marketing, un effort de recherche et de modernisation permanents et un puissant réseau d’informations. L’Ile Maurice produit entre 600 et 700,000 tonnes de sucre par an et, tous courants de pensée confondue, du petit planteur à l’administrateur de l’usine, tout le monde a un peu le sucre dans l’âme et, malgré la menace constante des cyclones, l’éclatement obligatoire et la centralisation des usines ainsi que la réduction inévitable des surfaces cultivables sous l’effet conjugué du tourisme et des nécessités de l’habitat, le sucre qui fait partie de la civilisation mauricienne ont encore de beaux jours devant lui. Seconde culture après la canne à sucre, le thé est en déclin et les surfaces plantées en thé ne cessent de diminuer. Quant à la pêche, artisanale et industrielle, pratiquée autour des côtes ou sur les bancs de l’Archipel des Mascareignes, elle permet à l’Ile Maurice d’exporter certains poissons bien qu’elle demeure insuffisante pour le marché local.
Qui dit industrie dit Zone Franche et, géographiquement parlant, c’est toute l’Ile Maurice qui est une zone franche. La zone franche contribue pour environ 24% du PIB et la croissance dans ce secteur est de l’ordre de 7%. Les exportations de la zone EPZ ont progressé de 15 %, représentants un montant de près de 25 milliards de roupies par an (la parité de la roupie, monnaie locale, est indexée sur un panier de monnaies dont la composition est seulement connue des responsables financiers). Le textile est le moteur principal de la zone franche avec plus de 50% des entreprises et 85% des employés de toute la zone franche. Mais l’Ile Maurice fabrique aussi pour l’exportation des bijoux, des meubles, de la maroquinerie, des montres, des articles de sport et de pêche, des jouets, des fils et des tissus, l’industrie de l’agro-alimentaire et la production des fleurs étant également florissantes. Moderniser sans cesse l’équipement, former le personnel pour le rendre plus performant, contrôler l’augmentation des salaires et aller sans cesse vers la qualité et le haut de gamme sont les conditions sine qua non pour que la Zone Franche mauricienne conserve à l’avenir tous ses atouts.
La beauté des plages, la qualité des équipements hôteliers ainsi que le sens de l’accueil et le service des Mauriciens (dont le "No problem" est la réponse à tout ce qu’on peut leur demander) ont fait de Maurice l’une des destinations les plus prisées du monde. 600,000 visiteurs par an, une croissance de l’ordre de 12% par an : le tourisme est une véritable "success story". Les Européens constituent 58% de la clientèle touristique, la France représentant 46% des arrivées.
Plus de 3000 entreprises extraterritoriales sont installées dans ce secteur : banques, assurances, gestion de fonds et de biens internationaux, crédit-bail, financement d’avions etc. Un secteur en plein développement qui offre de nombreux avantages, de la franchise d’impôts au libre rapatriement des fonds en passant par l’absence de contrôle des changes et de non double imposition. De plus, un port franc s’étale sur plusieurs centaines d’hectares – quais, entrepôts, chambres froides, servent à importer, transborder, reconditionner et réexporter des marchandises venues d’Asie vers l’Afrique (grâce aux accords au sein du COMESA et de la SADC, marché commun et communauté de développement de l’Afrique de Sud) et vers l’Europe. Offshore et port franc visent à faire de l’Ile Maurice le grand centre financier et de transit de cette partie du monde.
La Banque de Maurice joue le rôle de Banque Centrale. Il y a à l’Ile Maurice une douzaine de banques commerciales mais, à elles seules, la Mauritius Commercial Bank et la State Commercial Bank distribuent 80% des dépôts et des crédits à l’économie. Sept banques sont installées dans le secteur de l’offshore. Ouverte en 1989, la Bourse comporte une cinquantaine de sociétés cotées. Enfin, il y a à l’Ile Maurice de nombreuses compagnies financières, sociétés d’investissement, compagnies d’assurance et fonds de retraite participante au financement de l’économie. Une société de capital-risque (le Mauritius Capital Venture Fund) a été créée en 1995. Le FMI et la Banque Mondiale accompagnent depuis de nombreuses années le développement économique.
Sous la pression émise par les directives de l’OMC et en raison des accords de commerce régionaux (l’Ile Maurice adhère à la COMESA, à la SADC, à l’Indian Ocean RIM, à la Commission de l’Océan Indien et à l’ARC "Association for Regional Cooperation"), le commerce extérieur de l’Ile Maurice n’a cessé de se libéraliser depuis dix ans tout en étant l’objet de réformes et de modifications importantes. C’est ainsi que le contingentement des importations a été supprimé, le contrôle des prix levé, le régime des licences totalement modifié et les tarifs douaniers simplifiés. Le contrôle des changes a été complètement aboli à l’Ile Maurice en juin 1994 avec la levée de la taxe de 5% sur les transferts de capitaux et l’aval de la Banque Centrale n’est plus requis pour les transactions internationales qui doivent être tout simplement déclarées. L’Île Maurice peut donc commercer avec le monde entier et le pays le plus fournisseur (c’était la France jusqu’en 1996, mais c’est désormais l’Afrique du Sud) n’a que 20% de parts de marché. Les échanges du pays – et surtout les exportations – bénéficient des accords de Lomé depuis 1970 ainsi que du Protocole Sucre signé entre les pays ACP et l’Union Européenne et permettant à l’Ile Maurice d’avoir pour principal client l’Europe, laquelle achète 75% de ses exportations. Mais il y a une menace. En 2001 seront renégociées certaines conventions comme l’entrer sans quota ni droit de douane des produits textiles mauriciens ou le prix d’achat préférentiel du sucre, payer actuellement le double du prix en vigueur sur le marché mondial. N’étant pas sûre du résultat de ces futures négociations, l’Ile Maurice se tourne donc vers les marchés de la région en adhérant à des associations régionales et en mettant tout en oeuvre pour faire de son port franc un lieu de passage obligé entre l’Asie et l’Afrique. Bref, pour devenir vraiment "le tigre de l’Océan Indien". En attendant, les échanges commerciaux progressent régulièrement de 20% et leur montant global s’élève, d’après les derniers chiffres, à 73 milliards de roupies (31 milliards d’exportations et 42 milliards d’importations). Le solde de la balance commerciale ne cesse de se détériorer. Les principaux partenaires commerciaux de Maurice restent la Grande-Bretagne, premier client pour le sucre (34% des exportations et la France (21%). En conclusion, l’économie mauricienne, certes en mutation, est en bonne santé. Une démocratie confirmée, un bon secteur financier et le bilinguisme sont ses principaux atouts. Et l’esprit d’entreprise est toujours vivant puisque les investisseurs mauriciens s’installent à Madagascar, au Mozambique et en Côte d’Ivoire et demain , en Inde et en Chine.
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