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Forêts, Corruption et Télédétection Spatiale
La forêt : une source de vie bien mal gérée
Comment l'humanité s'organise-t-elle pour assurer la pérennité de ses ressources forestières ? Fort mal assurément si l'on en juge par le sort qu'elle réserve aux forêts. En effet, tout laisse à penser que la déforestation et la dégradation des forêts boréales et tropicales s'amplifient . En fait en 1996, moins de 1 pour mille des forêts tropicales étaient réellement à l'abri des dégradations diverses : défrichements, coupes de bois illicites, incendies, braconnage et autres . Au rythme actuel, et si rien n'était fait pour renverser les tendances actuelles, il se pourrait bien que la plus grande partie de toutes les forêts naturelles ait disparu à la fin de ce siècle, remplacée par une végétation improductive d'arbres rabougris et de broussailles .
Et pourtant ! Outre la production de bois, les forêts sont extrêmement importantes non seulement pour la conservation de l'environnement, mais aussi pour le développement des populations les plus défavorisées car elles fournissent aussi bien du bois de feu, de l'eau, des matériaux de construction, des médications traditionnelles, que des ressources alimentaires comme du gibier, des poissons, des fruits, du miel et des huiles. Toutes les grandes agences de développement s'accordent actuellement sur le fait que les ressources forestières mondiales contribuent à la sécurité alimentaire d'au moins la moitié de la population des pays en voie de développement et qu'elles soutiennent directement l'alimentation de 90 pour cent de 1,2 milliards de personnes vivant dans une situation d'extrême pauvreté .
Sous l'impulsion des mouvements de défense de l'environnement, bien plus aptes à peser sur l'opinion publique que les institutions forestières, les années 1990 avaient cependant été le témoin de nombreuses initiatives de lutte contre la déforestation et la dégradation des forêts. Mais si on les examine rétrospectivement, il faut bien avouer que ces initiatives sont restées sans effets puisque la déforestation a continué comme par le passé et que les coupes illicites sont toujours plus importantes. Force est aussi de constater que les gouvernements n'ont toujours pas réussi à se mettre d'accord sur l'utilité d'une Convention spécifique pour les forêts, et ce, malgré le fait que la déforestation soit rangée parmi les grands défis planétaires au même titre que le réchauffement climatique, la désertification, la pollution marine ou la raréfaction en eau douce. Cette situation a du reste été mise en évidence dans la nouvelle stratégie de la Banque mondiale pour le secteur forestier. Celle-ci admet que les coûts inhérents à la mauvaise gestion des ressources forestières en termes de revenus perdus par les gouvernements des pays forestiers représentaient des montants plus importants que la totalité des investissements de la Banque dans ces pays. A titre d'exemple, elle signale que les pertes dues aux exploitations illicites de bois, pour ne citer qu'elles, peuvent être estimées aujourd'hui à environ 15 milliards de dollars par année. Si cet argent pouvait être retenu par les gouvernements, il ne fait aucun doute que le secteur forestier serait en mesure de mieux contribuer à l'éducation ou la santé des populations les moins favorisées, donc participer à leur développement .
La corruption et les exploitations illicites : quelques chiffres
Si la nouvelle politique de la Banque mondiale consacre une attention toute particulière aux exploitations illicites en forêt, c'est non seulement pour tenir compte de l'impact économique qu'elles représentent pour les pays concernés et pour les moins nantis, mais aussi pour leurs effets sur la conservation des ressources en eau, des sols, et de la biodiversité pour ne mentionner que certains des principaux services qu'offrent les forêts. Il est en effet de notoriété publique que le secteur forestier, surtout celui des pays riches en ressources forestières, est soumis à des pressions considérables émanant de hautes personnalités publiques ou privées.
Les quelques exemples cités ci-dessous confirment l'envergure des activités illicites en forêt . Le volume annuel de bois illégalement exploité en Indonésie serait de l'ordre de 60 millions de m3, soit environ 70 pour cent des approvisionnements de l'industrie du bois. Ce volume, qui échappe à tout contrôle, entraîne un manque à gagner annuel pour le gouvernement de l'ordre de 1 milliard de dollars. De fait, au cours de l'année 2000, ce pays a exporté 105 fois plus de bois vers la Chine que ne le montrent les statistiques officielles . On pourrait aussi parler de l'Amazonie brésilienne où selon Greenpeace, 80 pour cent du bois abattu serait coupé en fraude ; Du Ghana, où en 1995, onze compagnies forestières transnationales ont été impliquées dans des actions frauduleuses diverses entraînant une perte globale pour le gouvernement de l'ordre de 50 millions de dollars par année ; De la Russie, où, selon les estimations de Victor Doroshenko, Directeur général de la plus grande société forestière des régions de Primorsky et Khabarovsk, 50 pour cent des exploitations forestières et des exportations vers les pays de l'Asie de l'Est seraient illégal ; Mais encore de la Bolivie, où le gouvernement a estimé que 80 pour cent des défrichements forestiers étaient clandestins ; Du Cameroun, où une étude récente de l'Observatoire mondial des forêts, a révélé que, si plus de la moitié des concessions forestières actives n'étaient pas conformes à la loi, elles restaient impunies du fait de leur influence politique ; Sans oublier la Nouvelle Guinée, où en 1994, le Ministre des forêts estimait que plus d'un million de dollars était perdu chaque jour en termes de revenus du fait d'irrégularités diverses.
Mais le cas des pays cités ci-dessus n'est pas unique, car ils ne sont de loin pas les seuls où se pratiquent la fraude et la corruption. On pourrait aussi parler du Libéria, ou du Cambodge, ou de l'ex-Zaïre où la forêt est une ressource pour laquelle on se bat.
Une lecture attentive des statistiques d'exportation et d'importation de produits forestiers des pays en voie de développement, comparées avec celles des pays importateurs de bois tropicaux, permet aussi de mesurer l'ampleur du problème. Les irrégularités importantes qui s'y trouvent ne s'expliquent pas uniquement par des carences au niveau des statistiques du commerce .
Pays exportateur
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Pays importateur
|
Export 2000
|
Import 2000
|
Diff. en %
|
Cameroun
(grumes)
|
France
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117
|
80
|
-49
|
Chine
|
0
|
220
|
-
|
Espagne
|
33
|
67
|
103
|
Gabon
(grumes)
|
France
|
319
|
384
|
39
|
Chine
|
932
|
1176
|
26
|
Espagne
|
11
|
23
|
109
|
Indonésie
(grumes)
|
Chine
|
6
|
616
|
10200
|
Japon
|
0
|
46
|
-
|
Thaïlande
|
0
|
56
|
-
|
Myanmar
(grumes)
|
Chine
|
20
|
558
|
2690
|
Japon
|
1
|
2
|
100
|
Hong Kong
|
22
|
0
|
-100
|
Indonésie
(avivés)
|
Japon
|
35
|
271
|
674
|
Chine
|
20
|
931
|
4555
|
Malaisie
|
7
|
450
|
6329
|
Malaisie
(avivés)
|
Chine
|
116
|
490
|
327
|
Japon
|
207
|
338
|
63
|
Thaïlande
|
334
|
638
|
91
|
Source : ITTO (2000-2002)
Les activités illégales en forêt ne sont cependant pas le seul apanage des pays pauvres. En 1996, une enquête menée au Canada révélait qu'au moins 20 usines de pâte à papier ne respectaient pas les lois antipollution. En 1998, le Gouvernement de la Colombie britannique estimait que les compagnies forestières opérant sur la cote ouest du Canada avaient fraudé le fisc pour un montant de l'ordre de 149 millions de dollars grâce à une technique de sous-classement des bois.
Le maillon faible : des institutions forestières sans pouvoir ni moyens
Les exploitations forestières illégales peuvent prendre plusieurs formes : l'abattage en forêt, notamment en dehors des concessions forestières et en zones protégées, l'exploitation d'espèces protégées par les lois internationales (CITES), le sous-classement des bois destinés à l'exportation, le transport et la transformation industrielle des bois sans autorisation préalable et les pratiques courantes de transfert de prix lors de la commercialisation. Toutes ces activités illicites sont encouragées par le fait que les activités forestières se déroulent de plus en plus dans des régions éloignées du public, de la presse et des institutions de contrôle, et sur de très larges superficies pouvant toucher plusieurs millions d'hectares. Mais d'autres facteurs les favorisent : ils sont avant tout d'ordre institutionnel, mais aussi fiscal ou encore politique. En fait, peu d'états ont les moyens de faire respecter leur réglementation et de contrôler l'application des plans d'aménagement. Il s'ensuit qu'une grande partie du bois mis sur le marché ne provient pas de concessions forestières dûment contrôlées mais d'un abattage illégal dont le volume va croissant presque partout. Mais, s'il est reconnu que les agences forestières nationales n'ont en général ni les hommes, ni les moyens de faire appliquer les règles qu'elles sont supposées mettre en pratique , il faut bien avouer qu'à ce jour, les secteurs forestiers des pays pauvres n'ont pas reçu l'attention des hommes politiques que mérite la conservation du patrimoine forestier.
Les acteurs de ces fraudes sont difficiles à identifier car très divers : cadres supérieurs ou fonctionnaires corrompus, chefs de guerre, compagnies forestières, transporteurs, importateurs, etc. En fait, il faut bien se rendre à l'évidence que, comme le diamant ou le pétrole, le bois est une ressource majeure pour le fonctionnement du système politique où l'essentiel des revenus forestiers est utilisé pour financer des réseaux de clientélisme, donner des gages à l'armée ou simplement s'enrichir personnellement . S'approprier la rente forestière le plus vite et le plus largement possible est donc toujours une cause majeure de déforestation.
Comment lutter contre ce fléau ?
Que peut-on faire pour lutter contre ce fléau ? En faire état publiquement, soutenir les initiatives en cours et allouer des moyens pour le combattre. Déjà, au mois de novembre 2001, le Conseil de l'Organisation internationale des bois tropicaux a entériné un appel à plus de transparence dans le marché des bois tropicaux. Le Secrétariat de cette institution a du reste fait paraître, en janvier 2002, un numéro spécial consacré à ces problèmes . Toujours au mois de novembre 2001, le dernier rapport du Conseil technique et scientifique de la Convention sur la diversité biologique a émis une série de recommandations visant à combattre les exploitations illicites en forêt. Quant à la Banque mondiale, elle se propose d'agir simultanément sur plusieurs fronts, dont notamment la mise en place de nouveaux cadres légaux, réglementaires et fiscaux concernant la gestion des concessions forestières. Le but de ces nouvelles mesures serait double : d'une part recueillir au niveau des gouvernements concernés une part plus importante de la rente forestière et d'autre part permettre l'octroi de subventions forestières au profit des communautés locales. Mais l'intervention de la Banque mondiale ne s'arrête pas uniquement à des réformes normatives. Elle préconise aussi la mise en place de systèmes indépendants et rigoureux de suivi et vérification des activités forestières et de certification des produits forestiers. Par ces deux dernières mesures, la Banque mondiale espère promouvoir des standards d'exploitation forestière compatibles avec l'aménagement durable des forêts et plus de transparence dans le commerce mondial des produits forestiers. C'est dans ce cadre que l'alliance passée entre la Banque mondiale et le WWF, en 1997, dans le but de certifier 200 millions d'hectares de forêts d'ici à 2005 prend tout son sens .
Le pouvoir des nouvelles technologies
D'autres mesures devraient être cependant initiées pour renforcer ces objectifs. Par exemple, lutter contre le fléau des exploitations illicites de bois ou encore la déforestation nécessite une connaissance approfondie et un suivi constant des opérations d'exploitation forestière (notamment des quantités de bois exploité) et de leurs impacts. Or les pratiques courantes qui se résument généralement à l'utilisation des photo-aériennes et des enquêtes de terrain visant à recueillir des informations sur la localisation et la superficie des concessions, les espèces et volumes exploités, les niveaux de déforestation et l'étendue des opérations de reforestation ou rajeunissements naturels, les superficies affectées par les feux de forêts et autres désastres naturels sont particulièrement longues et difficiles à mettre en oeuvre et donc onéreuses, surtout en forêts naturelles. De plus, l'utilisation des photos aériennes ne peut couvrir que des zones limitées car très coûteuse.
L'utilisation des satellites pour l'observation de la terre, avec leurs capacités d'observer de larges superficies de manière répétitive et à des coûts relativement limités, peut certainement à résoudre les contraintes mentionnées ci-dessus. Il ne fait donc pas de doute que la mise en place de systèmes de suivi beaucoup plus efficace des activités forestières et des bois commercialisés, utilisant les dernières techniques d'observation de la terre et de positionnement par satellites pourrait avoir un effet dissuasif.
C'est dans cet esprit que l'Observatoire mondial des forêts (OMF-Forest Watch) a été créé en 2000 sous l'égide du World Resource Institute (WRI) comme un strict service d'information qui se veut totalement neutre et transparent. Son réseau de surveillance n'est encore qu'à ses débuts, mais tout laisse à penser qu'il deviendra un acteur de référence important parmi toutes les initiatives prises par les acteurs internationaux pour " contrôler " l'évolution des forêts.
L'initiative de l'OMF est à saluer, car en matière d'information sur les forêts, force est de constater que peu de progrès ont été réalisés pendant la dernière décennie. La plupart des estimations officielles sur la déforestation sont toujours issues de statistiques officielles généralement peu fiables. L'utilisation des satellites lancés dans les années 1990 ne s'étant pas généralisée comme prévu, elle n'a donc pas permis de diminuer les incertitudes pesant sur les chiffres officiels . Cette constatation n'est du reste pas le seul fait du secteur forestier. "Pourquoi ne s'est-on pas plutôt préoccupé de quantifier les impacts des activités humaines sur l'environnement" s'est récemment exclamé Daniel Esty de Yale dans le cadre du World Economic Forum. Pour leur part, les scientifiques ont commencé à quantifier les problèmes affectant l'environnement il y a bientôt presque 30 ans et l'on essaye d'intégrer leurs conclusions dans les politiques nationales depuis plus de 15 ans maintenant .
En fait, une grande révolution se prépare dans le domaine de la collection et du traitement de l'information environnementale, grâce en particulier au traitement informatique et à l'observation de la terre par des satellites de haute, voir très haute résolution, dotés de capteurs optiques et/ou radar (SAR ou Synthetic Aperture Radar). Il n'existe cependant pour l'instant aucun satellite ou capteur répondant aux besoins spécifiques de l'aménagement ou la surveillance des activités forestières, particulièrement en forêts tropicales où la couverture nuageuse, pratiquement constante, limite les bénéfices qui pourraient être tirés des capteurs optiques spatiaux. En plus, la résolution des capteurs optiques généralement utilisés comme le Landsat ETM+ (Thematic Mapper), est trop grossière (30 m) pour donner des résultats précis et vérifiables en matière de surveillance forestière ou de suivi des phénomènes liés à la déforestation. Il existe bien cependant des capteurs optiques de très haute résolution (1 m ou moins) comme Ikonos ou Quick Bird qui pourraient répondre à ces besoins, mais leur utilisation est trop onéreuse, surtout quand il s'agit de couvrir de vastes superficies. En plus, les données issues de ces satellites restent peu disponibles et toujours limitées par la couverture nuageuse. Toutes ces contraintes limitent donc l'utilisation des capteurs optiques en foresterie.
En fait, seuls les capteurs SAR de haute résolution pourraient répondre aux besoins de l'aménagement des forêts et la surveillance forestière, notamment en ce qui concerne l'identification des activités illégales en forêt. Les capteurs SAR, que ce soit en télédétection spatiale ou aérienne, n'ont cependant été que très peu utilisés malgré les avantages qu'ils pourraient représenter dont notamment procurer des informations indépendamment de la couverture nuageuse, de jour comme de nuit. Déjà, les satellites européens ERS-1 (1991) et ERS-2 (1995) de l'Agence européenne de l'espace et le satellite canadien Radarsat-1 sont couramment utilisés comme source d'informations géographiques dans des régions forestières très diverses comme Bornéo (Kalimantan), l'Amazonie ou encore la Papouasie-Nouvelle Guinée où la moyenne annuelle en matière couverture nuageuse excède souvent 90 pour cent. Quant au satellite ENVISAT, mis sur orbite avec succès par le lanceur Ariane 5 depuis Kourou (Guyane) le 1er mars 2002 , il commence à livrer des informations de très grande valeur sur l'atmosphère, les océans, les terres émergées, les forêts et les glaces. La grande nouveauté est que ce satellite comporte dix capteurs, chiffre jamais atteint sur d'autres satellites, conçus pour réaliser des observations cruciales pour le suivi des phénomènes de dégradation de l'environnement, dont en particulier la pollution, la déforestation et les catastrophes naturelles.
En fait, les instruments à bord de ces satellites, de haute stabilité et précision radiométrique ont déjà permis de bien différencier les différents types de forêts naturelles existantes et de quantifier les phénomènes de déforestation. Mais leur résolution reste insuffisante pour assurer un suivi adéquat des activités forestières, comme le montre l'exemple ci-dessous relatif à la déforestation dans l'Etat de Rondonia au Brésil en 1994. A noter que cette image a été élaborée à partir des bandes C et X du radar embarqué sur le space shuttle Endeavour. SIR-C/X-SAR

Suite aux succès remportés par les satellites ERS, Radarsat-1, et plus récemment ENVISAT, et grâce à de nouvelles avancées technologiques, de nouveaux capteurs SAR permettent maintenant d'obtenir des données de haute, voir très haute, résolution (jusqu'à 0.5 m) concernant le couvert forestier (grâce à l'utilisation des bandes X et C) et le terrain sous la forêt (grâce à la bande P). Enfin, les données SAR intégrées à des données optiques, permettent d'estimer la biomasse forestière. A noter cependant que les informations issues de la bande P ne sont disponibles que grâce à l'utilisation de capteurs SAR aéroportés.
De tels capteurs aéroportés sont, du reste, déjà utilisés de manière courante par la compagnie Orbisat sur mandat de la Banque mondiale pour la gestion et conservation des forêts au Brésil .
Conscient des avantages et bénéfices qui peuvent être attendus des nouvelles avancées technologiques en matière d'utilisation des capteurs SAR pour l'observation de la terre, de nombreuses agences spatiales concernées par la protection de l'environnement se sont engagées à promouvoir le lancement d'une nouvelle série de satellites dotés de capteurs SAR sont attendus pour les toutes prochaines années. Il s'agit en particulier des satellites :
 TerraSAR (doté de la bande X jusqu'à 1m de résolution et de la bande L à 5 m de résolution)
 Radarsat-2/3 (doté d'une bande C à 3 m de résolution)
 ALOS-PALSAR (doté d'une bande L à 10 m de résolution)
 2 satellites malais (dotés de la bande X à 1 m de résolution)
 1 satellite chinois dont les caractéristiques ne sont pas encore rendues publiques)
 1 satellite indien (doté de la bande X à 2 m de résolution)
Le système de positionnement par satellite (GPS et bientôt Gallileo) devrait aussi permettre de localiser avec plus de précision les arbres à abattre. Couplé avec l'utilisation de micro-puces qui pourraient stocker une large quantité d'information sur la qualité des grumes et leurs origines, les satellites pourraient suivre toute une gamme de produits forestiers pendant toutes les étapes de la filière. Une innovation certainement très importante qui devrait sans aucun doute renforcer encore les impacts d'une surveillance continue des forêts naturelles..
Soutenir une foresterie de précision
Le suivi continu des activités forestières depuis l'espace est donc maintenant possible que ce soit grâce à des d'applications spatiales de haute résolution, en particulier celles basées sur l'utilisation des capteurs SAR, ou grâce à des capteurs SAR de très haute résolution aéroportés. L'émergence très prochaine de nouveaux satellites, dotés de capteurs SAR de très haute résolution devrait encore permettre de nouvelles avancées remarquables en matière de suivi des activités en forêts naturelles, que ce soit pour favoriser l'aménagement forestier et la certification ou pour la détection des activités illicites.
Mais peut-être que l'application de la télédétection spatiale à la foresterie peut sembler illusoire à de nombreux forestiers professionnels encore peu orientés sur les bénéfices qu'apportent les nouvelles technologies relatives à l'observation de la terre à haute, voir très haute résolution. Cependant, il ne fait aucun doute qu'en mettant à disposition une information objective en temps réel, la télédétection spatiale utilisée en foresterie favorisera la mise en oeuvre de politiques de conservation des forêts plus réalistes, plus efficaces et plus transparentes. En réduisant les incertitudes, elle permettra aussi de diminuer les disputes d'experts sur ce qu'il y a lieu de faire. Quant à la lutte contre les exploitations illicites et la corruption en forêt, elle ne pourra que profiter des investissements faits par les agences spatiales. Car il ne fait aucun doute que les sommes perdues du fait des exploitations illicites peuvent à elles seules les justifier.
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